Article 19 – Comment gérer les risques avec le contrôle interne et l’audit ?

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Temps de lecture : environ 5 minutes

L’essentiel en 4 points

  1. La cartographie des risques : un risque est un événement incertain qui peut empêcher l’organisation d’atteindre ses objectifs. La cartographie des risques les recense, les évalue et les hiérarchise, pour concentrer les efforts sur les plus graves.
Type de risqueExemples
Stratégiquedépendance à un client, arrivée d’un concurrent, perte d’un marché
Opérationnelpanne, incendie, erreur de facturation, rupture d’approvisionnement
Financierfraude, impayé, variation des taux de change
Conformiténon-respect d’une loi ou d’une norme, sanction
Informatiquecyberattaque, perte de données
  1. La criticité : elle permet de hiérarchiser les risques et de choisir comment les traiter.
ÉlémentMode de calcul ou sens
Probabiliténote de 1 (rare) à 4 (très probable)
Graviténote de 1 (faible impact) à 4 (impact majeur)
Criticitéprobabilité × gravité
Traitement du risquel’accepter, le réduire, le transférer (assurance) ou l’éviter (arrêter l’activité)
  1. Le contrôle interne et le COSO : selon le référentiel COSO (2013), le contrôle interne est un processus mis en œuvre par la direction et le personnel pour donner une assurance raisonnable que l’organisation atteint ses objectifs d’efficacité des opérations, de fiabilité des informations et de conformité aux lois. Il repose sur cinq composantes.
Composante du COSOExemple
Environnement de contrôleéthique, compétence du personnel, organisation
Évaluation des risquescartographie des risques
Activités de contrôleséparation des tâches, autorisations, rapprochements
Information et communicationprocédures écrites, remontée des anomalies
Pilotagesuivi et amélioration du dispositif

Le contrôle interne sécurise les processus et fiabilise les informations ; le contrôle de gestion pilote la performance. Ils sont complémentaires : le contrôleur de gestion a besoin de données fiables.

  1. L’audit interne et l’audit externe : l’audit vérifie, de façon indépendante, que les dispositifs fonctionnent.
ÉlémentAudit interneAudit externe
Statutservice de l’entreprise, rattaché à la direction générale ou au comité d’auditprofessionnel indépendant, extérieur à l’entreprise
Missionévaluer le contrôle interne et la gestion des risques, proposer des améliorationsdans l’audit légal, certifier les comptes (commissaire aux comptes)
Destinatairesdirection généraleactionnaires, tiers
Caractèrefacultatiflégal : obligatoire dans certains cas ; contractuel : à la demande de l’entreprise

Exercice

Garnier Jardin est une PME de 30 salariés qui distribue du matériel de jardinage. Son dirigeant a recensé les risques suivants et les a notés de 1 à 4 :

RisqueProbabilitéGravitéCriticité
A. Incendie de l’entrepôt14
B. Un client de la grande distribution représente 40 % du chiffre d’affaires33
C. Erreurs de facturation32
D. Une même comptable crée les fiches fournisseurs et effectue les paiements34
E. Cyberattaque : les données ne sont sauvegardées que sur le serveur de l’entreprise24

Une criticité de 9 ou plus est jugée élevée, de 5 à 8 moyenne, et de 4 ou moins faible.

Travail à faire

  1. Indiquez le type de chaque risque, calculez sa criticité et classez les risques.
  2. Proposez un traitement pour chaque risque. Pour le risque D, quelle activité de contrôle du COSO faut-il mettre en place ?
  3. Le dirigeant veut faire vérifier ses procédures. Il hésite entre un audit interne et son commissaire aux comptes. Que lui conseillez-vous ?
Corrigé express : cliquez pour l’afficher (essayez d’abord !)
  1. Le classement des risques est le suivant :
RisqueTypeCriticitéNiveau
D. Fraude aux paiements fournisseursfinancier3 × 4 = 12élevé
B. Dépendance à un clientstratégique3 × 3 = 9élevé
E. Cyberattaqueinformatique2 × 4 = 8moyen
C. Erreurs de facturationopérationnel3 × 2 = 6moyen
A. Incendie de l’entrepôtopérationnel1 × 4 = 4faible
  1. Les traitements possibles sont les suivants :
    • D (réduire) : mettre en place une séparation des tâches, qui est une activité de contrôle du COSO. La personne qui crée les fiches fournisseurs ne doit pas être celle qui paie ; chaque paiement doit être validé par une deuxième personne ;
    • B (réduire) : diversifier la clientèle, par exemple vers les jardineries indépendantes ou la vente en ligne ;
    • E (réduire et transférer) : sauvegarder les données à l’extérieur, former le personnel et souscrire une assurance contre les cyberattaques ;
    • C (réduire) : contrôler automatiquement les factures dans le logiciel avant leur envoi ;
    • A (transférer) : le risque est peu probable mais grave : une assurance suffit, en plus des règles de sécurité incendie.
  2. Le commissaire aux comptes a pour mission principale de certifier les comptes : il n’a pas à auditer toutes les procédures, même s’il signale les faiblesses de contrôle interne qu’il relève. Pour évaluer ses procédures et recevoir des recommandations, le dirigeant a besoin d’un audit interne. Avec 30 salariés, Garnier Jardin n’a pas de service d’audit interne : elle peut confier cette mission à un cabinet extérieur.

À retenir : la cartographie des risques recense et hiérarchise les risques selon leur criticité (probabilité × gravité). Le contrôle interne, structuré par le COSO, réduit ces risques et fiabilise les informations. L’audit interne évalue ce dispositif pour la direction, tandis que l’audit légal certifie les comptes pour les actionnaires et les tiers.

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